Mardi 25 décembre 2007
César AIRA
Un épisode dans la vie du peintre voyageur
André Dimanche Editeur
2001, 84 pp.
Quatrième de couverture
Un épisode dans la vie du peintre voyageur
André Dimanche Editeur
2001, 84 pp.
Quatrième de couverture
Johan Moritz Rugendas est un "peintre de genre" allemand de la première partie du XIXe siècle, un des plus grands "peintres voyageurs" de son temps, que Humboldt lui-même admirait
et considérait comme un maître dans l'art de la "physionomie de la nature". Rugendas fait deux grands voyages en Amérique latine. Lors du second, en 1837, dans la province argentine de Mendoza,
il touche au centre secret dont il avait toujours rêvé : le point "équidistant des horizons", dans les plaines immenses de l'Argentine, où il espère découvrir "l'autre face de son art" et qui
l'obligera à créer un nouveau procédé de représentation. Il entreprend ce chemin périlleux en compagnie d'un autre peintre allemand, Robert Krause, d'un vieux guide et d'un jeune cuisinier. Le
prix pour lui en est immense, monstrueux : un épisode dramatique interrompt sauvagement la traversée et marque à jamais son corps et sa vie - son art, sa jeunesse.
Ce roman a été salué comme un véritable événement par la critique argentine lors de sa parution, en juin 2000. Il confirme la variété et l'originalité exceptionnelles du talent de César Aira (né à Coronel Pringles, province de Buenos-Aires, en 1949), qui apparaît plus que jamais comme un des écrivains majeurs de la littérature latino-américaine d'aujourd'hui.
Commençant à la manière d'un article encyclopédique, César Aira entraîne son lecteur tout doucement dans la fantaisie d'un épisode initiatique, sans jamais perdre de vue les interrogations sur l'acte créateur.
Rugendas traverse le continent sud-américain de part en part à la recherche d'une vérité qui se dérobe, souhaitant représenter la totalité du monde à travers sa peinture. L'homme connaîtra de multiples péripéties en s'enfonçant dans des contrées désertiques et hostiles.
Un accident va profondément le marquer aussi bien dans sa chair que dans son art et décider de la suite de son existence.
Lumineuse réflexion sur l'art et ses dispositifs, sur l'artiste et la solitude essentielle à sa création, le roman de César Aira est une oeuvre forte, rare et extrèmement bien écrite.
Je recommande la lecture d'un ouvrage traitant du même sujet (la création impossible) d'un auteur injustement oublié: Octave Mirbeau. Dans le bleu (in Oeuvre romanesque volume II, Buchet Chastel ou Editions L'Echoppe) est une oeuvre pessimiste dans laquelle un jeune peintre choisit de se mutiler lorsqu'il prend conscience de son impuissance à réaliser son idéal.
Ce roman a été salué comme un véritable événement par la critique argentine lors de sa parution, en juin 2000. Il confirme la variété et l'originalité exceptionnelles du talent de César Aira (né à Coronel Pringles, province de Buenos-Aires, en 1949), qui apparaît plus que jamais comme un des écrivains majeurs de la littérature latino-américaine d'aujourd'hui.
Commençant à la manière d'un article encyclopédique, César Aira entraîne son lecteur tout doucement dans la fantaisie d'un épisode initiatique, sans jamais perdre de vue les interrogations sur l'acte créateur.
Rugendas traverse le continent sud-américain de part en part à la recherche d'une vérité qui se dérobe, souhaitant représenter la totalité du monde à travers sa peinture. L'homme connaîtra de multiples péripéties en s'enfonçant dans des contrées désertiques et hostiles.
Un accident va profondément le marquer aussi bien dans sa chair que dans son art et décider de la suite de son existence.
Lumineuse réflexion sur l'art et ses dispositifs, sur l'artiste et la solitude essentielle à sa création, le roman de César Aira est une oeuvre forte, rare et extrèmement bien écrite.
Je recommande la lecture d'un ouvrage traitant du même sujet (la création impossible) d'un auteur injustement oublié: Octave Mirbeau. Dans le bleu (in Oeuvre romanesque volume II, Buchet Chastel ou Editions L'Echoppe) est une oeuvre pessimiste dans laquelle un jeune peintre choisit de se mutiler lorsqu'il prend conscience de son impuissance à réaliser son idéal.
La disparition de Julien Gracq nous
rappelle ce que l'existence d'un homme a de profondément fragile, d'éphémère et de ténu... Nous sommes régulièrement confrontés à la disparition d'un proche, d'un ami mais la mort d'un grand
écrivain, parce qu'elle crée un silence -tangible- autour de soi, nous laisse tristes et irrésolus : la plume ne crisse plus sur le papier et les mots décident de se taire, ils cessent de
travailler, ils sont en deuil... J'ai découvert l'oeuvre de Julien Gracq alors que j'étais adolescent; cet univers contemplatif est resté un univers intime auquel je retourne souvent au gré
de mes humeurs... L'oeuvre critique m'a accompagné et m'accompagne toujours dans mes études puisque de tels auteurs nourrissent votre vocation, celle de se consacrer au livre, aux auteurs, à la
littérature.